Iandé

Amazonie

La saison des crues en Amazonie : un paysage en mouvement

Une embarcation entre des arbres partiellement submergés dans une forêt d’igapó en Amazonie.
Edy Ramirez

Un aperçu de la façon dont les crues saisonnières transforment les forêts et les cours d'eau de l'Amazonie, et pourquoi le moment d'un voyage compte.

En Amazonie, le niveau des rivières ne reste pas constant tout au long de l’année. Il monte et descend selon un cycle qui remodèle le paysage et change la façon dont on se déplace en bateau à travers la forêt.

Pendant la période connue sous le nom de saison des crues, ou cheia, l’eau des rivières se répand dans des zones de forêt qui restent submergées pendant un certain temps. Ces environnements temporairement inondés sont connus sous le nom d’igapó et de várzea.

La différence tient à l’eau elle-même. La várzea est inondée par des eaux blanches, chargées de sédiments qui se déposent en limon fertile. L’igapó est inondé par des eaux noires ou claires, pauvres en sédiments et assombries par la matière végétale en décomposition ; c’est l’eau que porte le Rio Negro. Les deux forêts reposent sur des sols différents, et depuis une embarcation elles ne se ressemblent pas.

Lorsque le niveau de l’eau monte, les bateaux peuvent atteindre des parties de la forêt inaccessibles, ou simplement d’apparence différente, pendant la saison sèche. Cela ne signifie pas que chaque rivière ou chaque tronçon de forêt devient navigable pendant la crue ; la portée de l’eau dépend du lieu.

La montée et la baisse des rivières affectent aussi la façon dont les animaux se déplacent dans la forêt et l’endroit où la nourriture devient disponible dans différents environnements. Cela ne signifie pas que l’on puisse s’attendre à voir apparaître une espèce particulière pendant la crue, et aucune observation ne peut être garantie.

La saison des crues et la saison sèche offrent des façons différentes de faire l’expérience de la forêt, façonnées par la portée de l’eau et par la manière dont la forêt y répond. Aucune des deux périodes n’est intrinsèquement meilleure que l’autre ; elles sont simplement différentes, et cette différence compte lorsqu’on planifie un voyage.

Parce que le moment et l’étendue de la crue varient d’une partie de l’Amazonie à l’autre, et parce qu’il n’existe pas de date fixe marquant son début ou sa fin, la saison du voyage mérite d’être pesée avec soin lorsqu’on choisit le type d’expérience amazonienne à poursuivre.

Vu sous cet angle, l’Amazonie n’est pas un décor fixe mais un système en mouvement, dont les forêts, les cours d’eau et les rythmes de vie changent avec le pouls de ses rivières.